27 octobre 2009
la circulation du pouvoir - Partie III - Un espace consensuel de liberté
La relation BDSM est celle de toute les libertés : Celle ou rien n’est habituel, ou chacun peu choisir son rôle, maître ou soumise, domina ou soumis, selon ses aspiration voire selon ses attentes du moment. C’est celle aussi de la transgression.
Transgression sociale ou les tabous volent en éclats, transgression de l’interdit bien sur. Mais paradoxalement cette transgression est tout aussi sujette à des règles que l’interdit. La relation BDSM est ritualisée car elle ne peut s’épanouir que si certaines règles sont respectées. C’est cette existence de règles que j’affirmais dans mon précédent billet. Par cette codification préalable et nécessaire s’ouvre un espace sécurisant qui devient espace de liberté dans lequel les désirs de chacun peuvent s’exprimer en toute quiétude sans être réprimés.
Une fois encore, il apparait que la relation BDSM n’a d’existence que parce qu’il y a consensus entre le dominant et le « dominé ». Aucun des deux ne renonce à ses désirs. C’est cet équilibre et cette circulation du pouvoir qui nourrissent et donnent sa vivacité à la relation. Ils lui permettent de s’enrichir, au fil du temps, en respectant et en intégrant les évolutions des désirs de l’un et de l’autre. C’est sa force et sa séduction.
22 septembre 2009
Une véritable soumise - Partie II
Les commentaires pertinents à mon dernier article, m'amènent naturellement à me poser la question : Qu’est ce qu’une véritable Soumise ?
Il y a autant de Soumises que de Femmes dans le monde BDSM. Je n'imagine pas UNE définition mais à la rigueur de multiples. Chacune étant le fruit d’une rencontre unique entre un Homme et une Femme. Ceci appelle une question préalable à laquelle je ne peux qu’inviter les apprenties Soumises à réfléchir : « Qu’est ce que j’attends de ma Soumission ? » Une fois cette question répondue (la réponse n’est pas si simple, cf mon article sur « le rapport BDSM – phase d’analyse » - 12/03/09), il reste à trouver celui qui partagera la même quête, celui que la Soumise choisira pour Maitre. C’est seulement au travers de cette vision commune que l’un ou l’autre pourra, peut-être un jour, dire : « Je suis/tu es une véritable Soumise».
Mais tout compte fait cela a t'il une réelle importance ? L'essentiel n'est il pas de trouver un cadre d'épanouissement et d'amour pour les 2, sans s'embarrasser de définition ?
28 août 2009
Une véritable soumise
Une VERITABLE Soumise…Voila, une expression que nous pouvons entendre dans une conversation, ou lire au détour d’un chat ou d’un blog. Malgré toutes ces années, j’ai beaucoup de mal à accepter ce concept là. Je dirais même que cela m’horripile !
Il semble, trop souvent, qu’une VERITABLE Soumise soit une définition qui n'appartienne qu'au maitre (Egoïsme, avez vous dit?). Celui-ci a sa conception de la soumission et donc ses propres attentes vis-à-vis de sa Soumise. Ainsi, il définit un parcours d’épreuves le plus souvent crescendo dans le hard et le salace auquel la Soumise doit se soumettre pour enfin mériter la qualification de VERITABLE. Etrangement, je constate que c’est le seul maitre qui a le droit d’honorer de cette distinction sa Soumise. Pauvre Soumise, qui bien entendue n’a pas droit au chapitre puisque justement elle est soumise. CQFD !
Et lui, est-il un VERITABLE Maitre ?
18 août 2009
Le Yin et le Yang
Le BDSM peut aider à trouver son équilibre par une meilleure compréhension et acceptation de soi (J’ai développé cet aspect là dans mes précédents billets). Cette progression se fait par étape dont une,
est la prise de conscience que nous ne sommes pas fait d'un tout unique, mais que nous avons en nous, chacune des facettes de la relation BDSM : La dimension dominante ET la dimension soumise. Ces 2 dimensions ne sont pas à l'équilibre ce qui fait que nous nous ressentons plutôt dominant ou plutôt soumis.
A un moment de son évolution, il est donc probable que la Soumise veuille développer son côté dom. En tant que Maitre souhaitant épanouir sa Soumise, il est normal que j'accepte une telle demande. Basant la relation sur la confiance réciproque, elle a toute liberté pour exercer sa domination. Je peux participer à l’occasion, en tant que spectateur, voir en tant que conseil. Mais c’est d’abord sa domination et sa responsabilité car c’est à elle de construire sa propre philosophie.
Paradoxe : La Soumise est-elle encore Soumise ? Je réponds : oui. En lui offrant son épanouissement, elle devient encore plus dépendante à mon égard. Donc, prête à se soumettre toujours plus car son essence premiére est bien d'être Soumise.
23 avril 2009
Le rapport BDSM - Phase de valorisation
Les personnes soumises sont en général en attente affective et/ou de reconnaissance forte (N’en jetez plus, je sais il ne faut pas généraliser ; quoique...). La phase de valorisation va consister à combler ces attentes. Ainsi chaque acte de soumission – qui est un don de soi – doit être reconnu comme tel par le Maître. L'après" d'une séance revêt alors toute son importance. Ce moment ou le Maitre et la Soumise se retrouvent, ce moment ou les sens amoureux et affectifs sont exacerbés et se libèrent. Cette reconnaissance de la part du Maitre permet à la Soumise, de gagner en estime de soi et donc de donner une dimension pleinement positive à la relation BDSM. Plus généralement, la phase de valorisation permet donc un rééquilibrage de la personnalité de la Soumise mais aussi du Maitre. De ce rééquilibrage en découlera, de fait, un bien être évident pour les deux.
Les 3 phases que j’ai proposé et analysé dans mes différents billets, ne doivent pas être perçues comme séquentielles et ayant un début et une fin. En fait, Il s'agit d'un cycle itératif à jamais bouclé. Elles permettent simplement au couple Dominant/Soumise de se mettre en accord avec eux même et de trouver un équilibre certains.
05 avril 2009
Le rapport BDSM - Phase de soumission
Elle permet la pacification intérieure en permettant un véritable lâcher prise, une régression et l'émergence des souffrances, précédemment citées et jamais réglées (Pour celles qui en ont ! Oui je sais il faut pas généraliser...). Il faut libérer ces énergies négatives qui sont souffrances plus ou moins ressenties (situation de dénie) et qui peuvent submerger parfois la personne soumise. En abandonnant tout droit, toute gestion, toute existence propre entre les mains d’un Maître la personne soumise se libère. Elle met ainsi en échec, en l’empêchant de fonctionner, le modèle dans le lequel elle ne se reconnaît plus.
A l’écoute de la Soumise, le Maître définit la manière qui est propre à chacune pour créer une relation duelle qui permet d'arriver à une véritable pacification intérieure. (J’ai pour ma part, le plus souvent eu recours à des situations de contraintes - bondage - et/ou d'enfermement. Ce moyen là, n’est pas le seul).
Dans cette situation de confrontation avec soi même, le rythme imposé et la dépendance créée par l'isolement permettent un véritable lâcher prise. C'est une étape souvent difficile que cette confrontation avec ses souffrances enfouies (spasmophilie, manifestations violentes, etc...). Une fois ces énergies négatives libérées, les gens commencent une véritable reconstruction (souvent par jeux de rôle bdsm) et vivent leurs fantasmes sans culpabilité, et par choix et non par pulsion intérieure irrépressible.
Il est bien de mettre en échec ce modèle dans lequel la personne soumise ne se reconnaît pas, mais il est indispensable de l’aider à se reconstruire. D'ou la phase de valorisation.
A suivre
19 mars 2009
Le rapport BDSM - la maltraitance sexuelle - Phase d'analyse (II)
Il est fréquent de rencontrer dans le milieu SM, des Soumises ayant été victimes de telles agressions. Je laisse ici la parole à Marie Océane qui m'a beaucoup aidé dans ma compréhension de moi-même et ma construction. Je l'en remercie, elle reste en moi...
« Les maltraitances sexuelles sont vécues par l'enfant, dans un premier temps dans une atmosphère de confusion. L'enfant ne comprend pas d'emblée le caractère traumatique. Il les voit avant tout comme une « modalité » des relations. C'est le côté imposé, donc subi et la répétition des scénarios vécus qui éveillent l'enfant à la compréhension de l'anormalité.
La confusion qui accompagne ces pratiques se trouve renforcée par le secret qui les entoure. L'obligation de secret qui est faite à l'enfant parfois avec menace, l'aide à comprendre l'aspect anormal de tels agissements sans qu'il puisse s'en dégager.
Alors, apparaît la honte qui détériore l'estime de soi et fait le lit de la dépression (dépression de soi-même) qui ne s'exprimera que plus tard.
Les maltraitances sexuelles restent longtemps secrètes. Les enfants n'arrivent pas à en parler et lorsque certains arrivent à le faire c'est au bout de plusieurs années lorsqu'ils sont devenus plus grands, voir adulte. C'est aussi le moment où les tendances dépressives commencent à s'exprimer et à se manifestent les pulsions suicidaires, les auto-mutilations ou autres aspects destructeurs (masochisme).
Ces abus vécus dans la confusion, renforcés par le secret sont également vécus dans la peur. Peur de ne pas être cru, peur d'être jugé responsable de la situation, peur de la honte, peur de devoir constater qu'il ne peut être aidé, protégé, peur de voir ses malheurs augmenter à la suite de cette dénonciation. »
12 mars 2009
Le rapport BDSM - Phase d'analyse (I)
Les années passées à me découvrir et à comprendre les relations BDSM m'ont amené à les conceptualiser. Je ne donne ici mon explication. Celle-ci est faites pour s'enrichir des commentaires des uns et des autres. 3 phases me paraissent fondamentales et nécessaires dans la Soumission pour vivre une relation épanouissante :
1 – L'analyse avec un cas particulier que sont les maltraitances sexuelles
2 – La soumission
3 – La valorisation (ou la reconnaissance)
J'ai constaté que la plupart des personnes soumises (les dominantes aussi...) éprouvent un désamour à leur encontre. Elles n'aiment pas celles qu'elles sont avec son cortège de mésestime et propension à culpabiliser. Les raisons en sont multiples. Notre personnalité, se construit pendant l'enfance et l'adolescence au travers des personnalités, sortes de modèles, qui nous sont proches et de leurs relations entre elles (père, mère, etc...). J'appellerai ces personnes des « référents ».
La question va être d'identifier celle qui nous a servi de modèle. Pour la personne soumise, le constat qui en découle est le suivant : Aucune de ces personnes n'est vraiment un modèle. Elle ne se reconnait mal ou pas dans aucune d'entre elle, et/ou dans le rapport homme/femme qu'elle a vu à l'œuvre en particulier dans la relation entre son père et sa mère.
Malgré cela, la personne soumise se construit selon des modèles qu'elle refuse, mais auquel elle ne peut échapper, n'ayant pas eu d'autres modèles sous ses yeux d'enfant. Cela peut se traduire par des sentiments aussi divers que le mal être, et/ou le rejet de soi, le tout générant souffrance psychologique. Cette souffrance est liée au décalage entre sa personnalité ressentie au plus profond de soi et l'image qu'elle a d'elle-même. Elle éprouve, tout simplement, des difficultés à être. Aussi analyser son cas particulier permet de comprendre ses attentes et donc de construire la relation D/S qui va permettre de les atteindre.
A suivre...
11 février 2009
souffrir ?
Comment juger, apprécier la souffrance désirée par certaines Soumises? A quoi correspond-elle?
Par nature je me méfie de la souffrance infligée.
Défiance implicite liée à ma chère perversion qui n’a rien de sadique et qui ne me procure pas de plaisir à faire souffrir l’autre. Je me suis toujours tenu loin des femmes masos. Cette souffrance voulue, souhaitée par la punition devenue « normale », punition recherchée et finalement jouissive. Expression physique d’une culpabilité destructrice dans la haine de soi. Schéma simple, simpliste dirons certains, mais qui a le mérite d’expliquer dans de nombreux cas.
Mais est-ce la seule raison qui conduit la Soumise à chercher la souffrance et le plaisir associé ? J’ai appris à répondre par la négative.
Et si souffrir pour l’autre était le don suprême ? Et si c’était la manière choisie par la Soumise pour démontrer sa nature profonde et la puissance de son amour pour son Maitre ? Comme la marque de la possession ultime ? Jusqu’au bout de son chemin, jusqu’au bout de sa Soumission...
J’éprouve à cette idée là, une sorte d’ivresse mélangée d'admiration pour celles qui empruntent ce chemin. Expression d’une force de caractère et d’un amour hors du commun. Ensuite croyant pleinement au rôle positif que peut jouer la relation D/S, l’idée me séduit car la souffrance désirée trouve là une raison «extérieure». Elle en devient sublimante, valorisante et donc constructive et non plus destructive comme dans le cas précédent.
En conclusion force est de constater que la finalité est différente entre une personne maso et soumise. La première s’inscrit dans une démarche égoïste ou le Maître n’est finalement qu’un moyen, un outil qui va lui permettre d’obtenir la douleur. La douleur devenant la seule et unique finalité. La seconde a pour but la satisfaction de son Maître et la douleur un moyen seulement. La Soumise fait le don de sa souffrance pour preuve de sa soumission/amour à son Maitre, dans la satisfaction des attentes de son Maitre. En retour de ce don, elle attendra la reconnaissance et l’amour, les ingredients nécessaire à sa recosntruction.
15 janvier 2009
Cocktail BDSM
Voila quelques années que je suis présent dans ce monde, au travers de mes lectures, de mes réflexions, de mes rencontres et de la plus belle façon qu’il soit ; de mes amours ! Force est de constater que nombres d’entres nous ont des traits psychologiques similaires. Qu’ils soient Maitres ou Soumises. Même si mes propos ne se veulent pas généralités ou force de loi.
J’ai été frappé de trouver fortement ancré un sentiment latent de culpabilité dans beaucoup d’entre nous. Un sentiment si présent qu’il structure la personnalité par la détérioration de son amour propre. Ce sentiment destructif s’accompagne, de manière très paradoxale d’un narcissisme parfois hypertrophié : Besoin immense de reconnaissance et d’amour. Etrange mariage, dans un seul être que cette haine de soi - le mot n’est pas trop fort pour certains - et ce besoin fou d’être aimé. Mélange détonnant qui donne naissance à la pratique BDSM.
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