29 août 2008
Domination et humiliation
Discutant avec une amie Soumise, nous avons abordé ce sujet. Je me suis dis que cela méritait bien un billet. Exercice facile ? J’ai pu le croire de prime abord, car dans ma conception de la relation D/S, la place tenue par les pratiques humiliantes est claire. J’ai ouvert un dictionnaire et trouvé les explications suivantes. Humiliation : action d’abaisser, porter atteinte à quelqu’un dans sa fierté.. L’exact contraire de ma pensée. 
Il n’y a donc dans la Domination aucune place pour l’humiliation.
Mais pour autant le sujet est il clos ? Et bien non. Car comme beaucoup de pratiques, tout va dépendre de la manière dont elles sont vécues par la Soumise. Toujours en nous, adepte de la relation DS, cette cérébralité qui transcende la banalité des actes et des mots. Je prendrais deux exemples.
Le collier et la laisse. Rabaisser par ces marques là, la Femme à l’état de chienne de caniveau trainée a 4 pattes ou bien preuve physique et cérébrale du lien indéfectible, fort, unissant 2 êtres amoureux l’un de l’autre ?
« Putain, Salope, Chienne » insultes des plus violentes destinées à casser la femelle ? Ou usage de ces mots pour aider la Soumise à lâcher, à s’abandonner complètement pour trouver le plaisir ?
De ces deux pratiques je suis adepte. Je le reconnais bien volontiers en ne retenant que les apports positifs que j’ai cités. Avec pour préalable que cette dimension positive soit parfaitement partagée par la Femme qui se donne à moi. Et là encore, le rôle du Maitre, dans sa capacité à comprendre l’Autre dans ses mots ou ressentis est essentielle. Comprendre passe par l’écoute. Une écoute qui est loin de n'être que verbale, une écoute qui peut être faussée parfois tant le désir de la Soumise est grand de faire plaisir à son Maitre. En cette capacité je reste modeste, car même si je n’en suis pas démuni, il m’est arrivé de m’égarer.
20 août 2008
La haine de soi
" La haine de soi est une attitude très négative.
Si l'on creuse un peu derrière les apparences, on s'aperçoit que cette haine n'est que le résultat d'une trop haute idée qu'on a de sa personne. On veut à tout prix être le meilleur, et s'il manque le plus petit détail à notre image idéale, on ne peut le supporter. C'est une forme d'orgueil. La première fois que j'ai entendu parler de la haine de soi, j'ai été très surpris. Je me suis demandé comment on pouvait se haïr soi-même.
Tous les êtres s'aiment, même les animaux. En y réfléchissant, je me suis dit que ce n'était qu'une forme d'amour de soi exacerbée. Une chose est sûre. Sans être bienveillant avec soi-même, on ne peut pas l'être avec les autres. Pour éprouver envers les autres de l'amour, de la tendresse, vouloir qu'ils soient heureux et ne souffrent pas, nous devons d'abord avec ces sentiments envers nous-mêmes.Nous pouvons alors comprendre que les autres, ont les mêmes aspirations que nous, et l'amour, la compassion deviennent possibles.
Quant on se hait soi-même, on ne peut pas changer d'attitude, on a très peu de chances de trouver la paix et la joie intérieure. On gâche sa vie, c'est stupide. Je ne devrais peut-être pas parler ainsi, mais c'est la vérité.
Pour remédier à la haine de soi, prenez conscience de l'image fausse que vous avez de vous-même et cultivez la confiance authentique et saine, celle qui s'appuie sur vos qualités humaines fondamentales.
Soyez humble et tournez-vous davantage vers les autres. "
Extrait du livre "Conseils du coeur" de sa S.S. Le Dalaï Lama
19 août 2008
Domination
Depuis bientôt 5 ans elle avait cherché. Elle avait cherché à être Elle. Cette envie folle de se donner, de s’abandonner, cette envie de renaître, cette envie de liberté, loin des tabous et des interdits. Briser cette armure dont elle s’était entourée pour se protéger, qui certes remplissait son rôle, en empêchant quiconque de l’atteindre, mais qui faisait aussi de son cœur, un désert affectif qui l’empêchait de vivre.
Dés l’âge de 15 ans elle savait. Ces rêves étaient peuplés de chaînes, de soumission et d’attention, d’asservissement et de protection, de possession et d’amour.
Tout ces qualificatifs si opposés et pourtant si complémentaires. Ce rêve d’Esclave il a toujours été en Elle et il l’a conduit très loin dans son imaginaire. N’être plus que simples trous obscènes offerts à toutes ses intromissions et objet de toutes ses attentions, être à la fois néant et à la fois son tout pour lui et lui seul. Exister par lui, pour lui et renaître dans ses bras, libérée du fardeau du passé.
Son imaginaire en ébullition et ses lectures au hasard de la toile l’avaient convaincu qu’il etait possible de réaliser ses attentes, de se réaliser. Alors elle a cherché, sans relâche pendant des années. Mais toujours ce décalage entre ses désirs si profonds, si bons, si beaux et ses expériences calamiteuses : Ce monstre d’égoïsme qui voulait « casser la fierté de la femelle », celui qui l’entraînait dans des « performances » ou dents serrés elle subissait la déchirure du fouet dans d’insupportables douleurs, sans oublier celui qui avait formalisé sur papier les différentes épreuves auxquelles elle devait se plier pour devenir « sa chienne de caniveau ».
Mais Elle, qui l’avait écouté ? Personne.
Et pourtant, dominer c’est écouter. Dominer c’est comprendre celle qui se donne à vous, la rassurer, la reconnaître, lui témoigner l’affection qui un jour pourra être Amour. Dominer c’est découvrir l’univers des fantasmes de celle qui vous a choisi, le parcourir et l’apprendre. C’est seulement dans son univers qu’elle trouvera plaisir, jouissance et cette osmose tant recherchées. Un univers avec ses propres règles, ses propres limites, à connaitre et à respecter. Un Maître n’impose rien, il est le simple invité de ce monde que peu à peu il va s’approprier pour en devenir le guide légitime. Celui qui va lui prendre la main et l’inviter à la découverte d’Elle même Ainsi est la domination. Sans violence, sans contrainte. Je ne crois pas au fouet qui fait mal, à la cire qui brule, à ces cordes qui marquent douloureusement le corps…. 
Je crois en ce fouet désiré, qui pénètre en Elle, comme ma main caresse et possède,
Je crois en la douce chaleur de la cire qui enveloppe et protège,
Je crois en ces cordes qui enveloppent le corps comme une étreinte amoureuse,
Je crois au don réciproque, à l’envie partagée, à la fusion de 2 êtres. Je crois en l’Amour.
12 août 2008
Vivre

Il y a peu un ami me disait
En toute chose, il faut être mesuré
Et garder sa maîtrise.
D’un éclat de rire je parti
Car il n’y a point de vie
S’il n’y pas de folie
Don de nos amours si particuliers,
Par ses passions exacerbées,
Par nos corps sublimés,
Et nos âmes en fusion,
Ne plus tricher et se donner
Briser tabous et interdits,
Pour être enfin soi.
Vivre les amours les plus fous,
Les passions les plus extravagantes,
Qui mènent aux cimes du bonheur,
Comme les chagrins les plus terribles
Qui nous plongent au fond
Des abysses les plus noires.
Mais toujours et surtout
Pouvoir dire, dans 30 ans :
« Je ne regrette rien ; moi, j’ai vécu ».
02 août 2008
Rêverie
Pour une Femme qui m'est chère...
Paris. En cette soirée de Septembre, la brise qui court dans les rues n’est plus celle de l’été. Leurs pas raisonnent sur le pavé. Encore quelques centaines de mètres et ils seront arrivés.
Accrochée à son bras, elle est si calme, si apaisée. Voila déjà quelques mois qu’il a commencé à en faire son Esclave, à la rendre Femme, à la rendre à elle-même. Un sourire léger illumine son visage, elle le regarde.
Lui aussi lui sourit. Il s’amuse à l’avoir tout près de lui ; avec les talons de 10 cm de ses cuissardes elle le dépasserait presque ! Leurs yeux se croisent ; elle s’envole. L’air frais s’insinue sous son long manteau de cuir. Il vient caresser son corps nu, son sexe, parfaitement épilé, et ses anneaux. Le cadenas tire sur ses lèvres, frotte sur son entre cuisse. Elle le ressent si profondément. Elle est à lui, il est en elle. Il la possède. Elle serre ses fesses de peur de perdre le rosebud enfoui dans ses entrailles, lui ne perd rien, il lit en Elle et s’en amuse. Il est heureux, si heureux de la voir enfin Etre après toutes ses années de doute et d’errance. Avec prévenance il réajuste son collier d’acier chromé.
Elle ; son souffle long et ample rajoute à sa prestance. Elle a appris à respirer avec ce corset de contrainte . Elle aime le porter, il lui sculpte son corps, affine sa taille. Le cuir noir épais, la rigidité de ses baleines lui font jaillir ses seins, et rebondir son cul. Elle aime se sentir désirée. Elle savoure le regard des hommes croisés dans la rue. Y lire leur étonnement ou surprendre leur envie, quel délice, Dieu que c’est bon ! Son Maître lui a appris à relever avec force tous ces regards. Elle ne plie plus devant celui qui ne la mérite pas. Ce soir ce sont eux qui baissent leur regard.
Elle est si fière, elle est enfin Femme.
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