17 novembre 2009
Vêtements & BDSM
La pratique BDSM implique de manière systématique des tenues qui à l’analyse dépasse le simple aspect érotique. Le fait de revêtir cuir, latex ou de se présenter nu portant bracelets de cuir produit une rupture avec le quotidien, passage du conventionnel à une forme de liberté qui affirme la volonté d’aller au-delà des interdits. Mais plus que dans tout autre relation sexuelle, endosser tel ou tel costume n’est pas uniquement entrer dans un rôle spécifique, c’est aussi et surtout se mettre en scène et révéler une aspiration profonde. Il ne s’agit pas de jouer à être ce que nous ne sommes pas mais bien à révéler ce que nous sommes au plus profond de nous.
Le vêtement – ou sa nudité - devient une forme d’émancipation de la personne en lui permettant d’être lui-même, plus qu’à n’importe quel autre moment de sa vie. Ce que l’individu a rêvé, fantasmé peut se réaliser au delà du corps. Le sexe, et ce qu’il implique, ne dépend plus du corps mais du costume.
Au-delà du champ de liberté que cela révèle, il apparait une fois de plus que BDSM et construction identitaire sont étroitement liés. En prolongeant cette réflexion, je m’interrogerais dans un prochain billet sur le rôle et l’importance des marques corporelles qu’elles soient marques du fouet, tatouages ou bien piercing.
10 novembre 2009
Histoire de L (Partie VI)
Elle se réveille tout doucement, juste un peu meurtrie par les barreaux et l’acier de ses chaines, elle s’étire, merveilleusement bien, apaisée et reposée comme elle ne l’a pas été depuis bien longtemps. Elle est heureuse, heureuse et amoureuse. Le donjon est silencieux, des questions viennent à son esprit : Combien de temps a-t-elle dormie ? quelle
heure est il ? fait-il jour ? Que va-t-il se passer maintenant ? Des questions, encore des questions, que d’un coup elle balaye de son esprit : « Ces questions n’ont plus aucun sens, je suis a lui, je suis son Esclave, il dispose, de mon cœur, de mon esprit, de mon corps. Lui seul décide désormais … », L’air frais inonde ses poumons, sensation de légèreté et de liberté. Paradoxe de sa condition. Envie de rester là, dans cette cage, dans cette bulle protectrice, ainsi entravée, aussi longtemps que Lui le désire, y passer une journée, une semaine ou plus…. Ne plus penser à rien, être Esclave, son Esclave vivante et libérée de ses démons.
Elle se perd dans ses pensées, ses doigts effleurent le tatouage sur son pubis, courent sur ses lèvres alourdies par le cadenas, caressent ses anneaux, s’insinuent dans son sexe qui s’humidifie puis viennent jouer, de plus en plus vite, avec son bouton qui gonfle sous le désir. Sa respiration s’accélère. Les images de la journée d’hier défilent, les émotions vécues l’envahissent à nouveau et l’emportent. Elle s’électrise, se raidie, et s’effondre sous la force de l’orgasme. …Quelques minutes ; le temps de reprendre ses esprits et toujours cette envie. Cette envie de vie. Cette envie d’un esclavage total et sans retour. Oui, toujours plus, toujours plus loin… Elle rêve de cette marque d’appartenance qui est la plus forte à ses yeux : l’offrande de sa chevelure. L’image de la féminité, de sa féminité, cette chevelure qui l’incarne au mieux : « Un immense sacrifice - pense t’elle avec envie - une réelle preuve d’appartenance, d’abnégation »...Elle perd pied à nouveau, s’engloutissant avec délice dans son monde d’Esclave, si souvent rêvé devenu enfin réalité.
A suivre
03 novembre 2009
Du présent

Abuse du présent. Laisse le futur aux rêveurs et le passé aux morts.
Félix Leclerc
27 octobre 2009
la circulation du pouvoir - Partie III - Un espace consensuel de liberté
La relation BDSM est celle de toute les libertés : Celle ou rien n’est habituel, ou chacun peu choisir son rôle, maître ou soumise, domina ou soumis, selon ses aspiration voire selon ses attentes du moment. C’est celle aussi de la transgression.
Transgression sociale ou les tabous volent en éclats, transgression de l’interdit bien sur. Mais paradoxalement cette transgression est tout aussi sujette à des règles que l’interdit. La relation BDSM est ritualisée car elle ne peut s’épanouir que si certaines règles sont respectées. C’est cette existence de règles que j’affirmais dans mon précédent billet. Par cette codification préalable et nécessaire s’ouvre un espace sécurisant qui devient espace de liberté dans lequel les désirs de chacun peuvent s’exprimer en toute quiétude sans être réprimés.
Une fois encore, il apparait que la relation BDSM n’a d’existence que parce qu’il y a consensus entre le dominant et le « dominé ». Aucun des deux ne renonce à ses désirs. C’est cet équilibre et cette circulation du pouvoir qui nourrissent et donnent sa vivacité à la relation. Ils lui permettent de s’enrichir, au fil du temps, en respectant et en intégrant les évolutions des désirs de l’un et de l’autre. C’est sa force et sa séduction.
16 octobre 2009
La circulation du pouvoir - Partie II - L'affrontement
Elle s’endormait tout contre lui, protégée par ses bras… Elle était bien… si bien… Il y avait eu cette confrontation, dont il avait si bien compris le besoin, mieux qu’elle même, bien mieux qu’elle… Elle ne s’attendait pas à cette réaction…
Confrontation acceptée, en quelques sortes… Oui elle en avait besoin, pour elle, pour s’affirmer vraiment, et parce qu’elle avait besoin de le sentir vraiment plus fort qu’elle… pas juste de le laisser être plus fort qu’elle…
Sa sécurité en dépendait, sa reconnaissance, et puis elle en avait besoin pour elle aussi, sentir qu’elle pouvait résister, et ne plier que sous une force de caractère véritable, mais plus par docilité. Son statut il devrait le mériter, le gagner, par la force, non par la ruse, la tricherie, la manipulation, la culpabilisation …Tout ça n’était un jeu mais un vrai rapport de force, faire plier, sans faire semblant.
Et là que se passait –il ? Confrontation acceptée. Elle avait refusé sciemment une des facettes de sa condition et le lui avait dit … Il avait compris le message, besoin de défier, besoin de plier, besoin de s’affirmer, besoin de vérifier qu’il était bien le plus fort, et pas seulement parce qu’elle le laissait l’être…Besoin de le reconnaître, besoin de se reconnaître elle dans son affirmation, de sentir sa propre force s’exprimer, besoin prendre confiance en elle, de prendre conscience de sa capacité à tenir tête…
Le moment qu’elle venait de vivre revenaient à son esprit… Elle se voyais prise par les cheveux, faisant un geste rebelle pour se dégager, le toisant fortement du regard, un regard qui lançait des éclairs, un regard de refus, lui la reprenait et la giflait, elle continuait a le toiser, il la regiflait plusieurs fois et d’une main forte et ferme il la forçait a se mettre a genoux et la dressée, pliée, sanglotante elle acceptait enfin et se mettait à lui lécher les chaussures en signe de défaite loyale, acceptée et reconnue…
12 octobre 2009
Corset by Ken Marcus
02 octobre 2009
La circulation du pouvoir - Partie I - Du Maitre et de l'Esclave
Combien de fois, ai-je eu avec Elle des échanges sur ce sujet ? Je ne sais. Mais au-delà de nos discussions, de nos rêves, nous l’avons vécu et nous nous sommes aimé dans cadre là. Celui du Maitre et de l’Esclave. Ivresse de la passion qui passe par le don total pour l’Esclave et un absolu de possession pour le Maitre.
Quelle en est la motivation ? Une seule et unique réponse : Le désir de reconnaissance. Ce désir qui ne peut exister que dans la confrontation avec l’Autre. Seul l’Autre est à même de nous donner cette reconnaissance attendue. C’est-à-dire être désiré ou aimé dans sa réalité d’individu humain. Mais alors, comment peut-il y avoir reconnaissance réciproque, si l’Esclave est – par définition - un objet au service du Maitre, une chose ?
La relation BDSM s’instaure lorsque certaines règles sont respectées : Consensualité, négociations des fantasmes et des désirs, contractualisation (tacite ou non), respect des limites de chacun, adoption et ostentation de signe de reconnaissance, etc... Cette consensualité estompe en réalité l’imposition du Maitre sur la Soumise. Ainsi le dominant n’est jamais totalement dominant, et la dominée jamais totalement dominée. Ils ne le sont que le temps de la scène jouée qui prend corps dans une lutte à mort symbolique de deux désirs qui s’affrontent. Ainsi dans ces rapports de pouvoir ou tout est négocié, le statut de soumission, contrairement aux apparences, n’appartient pas à la soumission et encore moins à l’esclavage. En dehors du jeu proprement dit ou le simulacre du maitre et de l’esclave n’en est plus un, une soumise garde toujours la maitrise du jeu, en quelque sorte « domine le dominant », comme un incessant mouvement de circulation du pouvoir.
C’est cette circulation du pouvoir qui offre toute la richesse et le potentiel à la relation BDSM. Sur celle-ci j’y reviendrai dans un autre billet.
PS : Je pense à vous…
22 septembre 2009
Une véritable soumise - Partie II
Les commentaires pertinents à mon dernier article, m'amènent naturellement à me poser la question : Qu’est ce qu’une véritable Soumise ?
Il y a autant de Soumises que de Femmes dans le monde BDSM. Je n'imagine pas UNE définition mais à la rigueur de multiples. Chacune étant le fruit d’une rencontre unique entre un Homme et une Femme. Ceci appelle une question préalable à laquelle je ne peux qu’inviter les apprenties Soumises à réfléchir : « Qu’est ce que j’attends de ma Soumission ? » Une fois cette question répondue (la réponse n’est pas si simple, cf mon article sur « le rapport BDSM – phase d’analyse » - 12/03/09), il reste à trouver celui qui partagera la même quête, celui que la Soumise choisira pour Maitre. C’est seulement au travers de cette vision commune que l’un ou l’autre pourra, peut-être un jour, dire : « Je suis/tu es une véritable Soumise».
Mais tout compte fait cela a t'il une réelle importance ? L'essentiel n'est il pas de trouver un cadre d'épanouissement et d'amour pour les 2, sans s'embarrasser de définition ?
07 septembre 2009
Le plus beau des cadeaux

Le plus beau des cadeaux que quelqu'un puisse vous faire, n'est pas de vous aimer, mais de vous apprendre à vous aimer.
Jacques Salomé
28 août 2009
Une véritable soumise
Une VERITABLE Soumise…Voila, une expression que nous pouvons entendre dans une conversation, ou lire au détour d’un chat ou d’un blog. Malgré toutes ces années, j’ai beaucoup de mal à accepter ce concept là. Je dirais même que cela m’horripile !
Il semble, trop souvent, qu’une VERITABLE Soumise soit une définition qui n'appartienne qu'au maitre (Egoïsme, avez vous dit?). Celui-ci a sa conception de la soumission et donc ses propres attentes vis-à-vis de sa Soumise. Ainsi, il définit un parcours d’épreuves le plus souvent crescendo dans le hard et le salace auquel la Soumise doit se soumettre pour enfin mériter la qualification de VERITABLE. Etrangement, je constate que c’est le seul maitre qui a le droit d’honorer de cette distinction sa Soumise. Pauvre Soumise, qui bien entendue n’a pas droit au chapitre puisque justement elle est soumise. CQFD !
Et lui, est-il un VERITABLE Maitre ?
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